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Memory of my memoir

7 Sep Some perpetual movement with this Escher drawing I copied

My Dad reminded me tonight of that time, just before my twenties, when I had to write a memoir for the end of my studies –a two-year secretarial degree. I had worked as an intern twice a few months in the same Hilton hotel in Cannes, doing admin at the HR office the first year, and doing admin for the CEO the second year.

When it came to writing the memoir about what I had done there, I invented something, because otherwise there wasn’t a lot of glory or interest.

So I came up with a study to enhance efficiency throughout the various departments. The study was genuine; I had witnessed first-hand how the hotel worked and there was room for optimisation. The write-up was coherent and made sense. And I got away with it!

The following year, the hotel manager contacted me to get my approval for a group of local students at a business school to use my work and reorganise the hotel accordingly, which I happily gave. I was quite honoured they had kept it, were considering it seriously, and called to ask!

Anyway, I guess my Dad’s point was that even then I was doing some Comm work, and he went on recalling when years later I was offered to join the W3C Comm team and refused several times because I had no idea what comm work was, and he said “look at you now.” I figure my dad is proud of my ‘career’, as he puts it. And maybe people see in me more than I do.

Il y a 7 ans

22 Nov

Il y a sept ans aujourd’hui, j’allais accoucher le lendemain, mais je ne le savais pas. Mon terme devait tomber entre le 30 novembre et début décembre.

C’était un jeudi et je concluais ma dernière séance de préparation à l’accouchement. J’ai ressenti à mi-séance les premières contractions, que la sage-femme s’inquiétait de ne jamais voir démarrer. Elles ne m’ont plus quitté jusqu’au lendemain.

Ça faisait quatre jours que j’étais en arrêt maternité, mais je continuais de travailler. Après tout, j’avais encore la semaine suivante pour me reposer.

Contractions, donc. À mon retour de la préparation pré-natale, j’allais de mon ordinateur au canapé en me tordant de douleur. Ni le boulot, ni la bouillotte, ni le sommeil n’en venaient à bout. Si c’était le faux travail dont parlait la sage-femme, il semblait tout à fait réel. Je l’ai donc appelée et elle suggéra qu’un bain chaud calmerait les crampes.

Vlad et moi n’avions pas eu le temps encore de faire cette séance photo de mon ventre, îlot dans une mer de lait; ce fut donc l’occasion. La seule, à vrai dire.

22 novembre 2007, bain de lait

Le lendemain était la répétition de l’après-midi passée, à ceci près que j’ai plus occupé le canapé que je n’ai travaillé. Mais pas à instant je pensais accoucher avant le terme.

Lorsque Vlad est rentré du bureau en début de soirée, il ne lui a pas fallu longtemps pour commencer à me convaincre d’enfiler mes baskets. Car dès son arrivée les contractions se sont beaucoup plus rapprochées; 4 ou 5 minutes. Je me souviens quand même avoir pas mal résisté. Je n’avais aucune envie d’aller à la maternité pour rien. Puis j’ai mis mes baskets, ou Vlad me les a enfilées.

Le trajet était une torture ! Chaque secousse et chaque virage me donnait l’impression que j’accouchais déjà. 18h30, arrivée à L’hôpital Clavary. Le plus long, je crois bien que ce fut de marcher depuis le parking, car je devais m’arrêter tous les dix pas.

Admission rapide, monitoring, transfert en salle d’accouchement. Avec le col dilaté à 9 cm, il n’était hélas plus question de pratiquer une péridurale, mais bien de le laisser sortir, ce petit. Ah non, nous n’avions pas “les étiquettes”. Vlad a parcouru un labyrinthe de couloirs pour les obtenir et revenir à temps. Non, nous n’étions pas allé à la maternité pour rien; 19h27, Adrien arrivait enfin.

23 novembre 2007, bébé Adrien dort

Joyeux 7ème anniversaire, mon poussin !

Arcturus, la géante rouge

24 Jul

Vlad montrait à notre fils les étoiles dans le ciel, ce soir, notamment Arcturus du Bouvier, une étoile rouge, puisqu’au crépuscule on la voyait déjà.

Ça m’a rappelé une anecdote qui est suffisamment farfelue pour que je vous la conte.

Quand toute jeune fille j’ai découvert qu’Arcturus était une étoile rouge en fin de vie, je me suis intéressée à la vie des étoiles, et à cette étoile en particulier, un peu comme si je lisais sa biographie. Même longtemps après l’avoir découverte, je l’observais souvent les soirs d’été, je lisais à son sujet, j’essayais d’imaginer la petitesse relative de notre énorme soleil à côté d’Arcturus, etc.

Alors qu’un soir je travaillais tard et que j’étais fatiguée, j’ai été prise d’angoisse : était-elle devenue une géante rouge ?!

Il me fallait quitter le bureau d’urgence, filer à mon point d’observation favori et vérifier si Arcturus était devenue une géante rouge. Et je l’ai fait. J’ai même couru après m’être garée, des fois qu’elle s’éteigne pendant le temps qu’il me fallait pour dépasser les arbres qui me bouchaient le vue.

Eh bien je me suis retrouvée fort aise de la voir à sa place, bien orange, et scintillant de ses -0,04 de magnitude apparente, tranquille, ne montrant aucun signe d’explosion.

Je me suis également retrouvée bien bête d’avoir cédé à la panique, parce que franchement, je savais que c’était impossible qu’en 24 heures elle devienne une géante rouge.

J’ai bien ri. J’en ris encore. C’était il y a plus de 10 ans, et ce soir Arcturus était encore bien là, toujours la même.

En mémoire d’Emu

5 Jul
Emu [ɛˈmuː] est morte ce matin. Elle avait douze ans et trois mois. C’était le plus gentil chat du monde, le mien. Enfin, c’est moi qui l’ai adoptée, mais c’est elle qui me possédait, ainsi que toute la famille, d’ailleurs. Même ma mère, et c’est pas peu dire car elle est ailurophobe.

Elle est née le 28 mars 2001, chez des amis. Un jour qu’on leur rendait visite, j’ai craqué immédiatement. Je n’avais jamais eu ni chat, ni chien (ma mère est également cynophobe). J’avais 26 ans et j’étais quelqu’un de responsable, et surtout, elle était irrésistible !

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En mai 2001, elle était sevrée et s’installait avec moi. Nommée Emu, un nom d’oiseau tout à fait incongru mais dont je m’étais entichée, on l’appelait plutôt ‘la belette’ du fait de sa robe gris clair, ou ‘la bête’, ou encore ‘trou du c*l’, rapport à ce qu’on voyait le plus d’elle alors qu’elle nous snobait en s’éloignant, la queue dressée et ondulante telle un drapeau.

Je me souviens particulièrement de son installation, du chamboulement dans ma vie (enfin j’ai un chat, rien qu’à moi !), du bain que je lui ai naïvement donné lorsqu’elle a été un hôte à puces pour la première fois, de quand je lui ai appris à chasser les lézards qu’elle ne semblait voir que lorsqu’ils remuaient, de comment elle escaladait la jambe de mon pantalon avec ses griffes pour monter sur le plan de travail de la cuisine.

Je me souviens aussi avec amusement qu’elle m’accompagnait au boulot car j’ai des collègues cool. Une collègue avait adopté un chat de la même portée, alors les chatons ont évolué ensemble quelques mois. Ça nous faisait des mascottes, mais aussi un peu de distraction, certes. Par exemple, on a fait des tests d’intelligence entre chaton mâle et chaton femelle, on les a photocopiés, on se les mettait autour du cou comme des boas, on les a mis à la casserole, et mis en boîtes (ah non, en fait, la casserole ainsi que les cartons étaient là, et les chats les ont naturellement occupés.) On leur ramenait du beurre et de la vache qui rit, de la cantine; un régal.

J’ai déjà indiqué qu’elle était le chat le plus gentil du monde. Elle n’a jamais griffé personne (à part quand elle escaladait une jambe de pantalon bien sûr, ou qu’il fallait la maintenir à deux pour lui administrer du spray anti-puce et qu’elle s’agrippait pour se carapater.) Elle n’a jamais feulé envers un humain non plus. Elle laissait même certains lui caresser le ventre, cette partie intime que les chats ne montrent à leur adversaire qu’à la fin d’un affrontement où ils sont vaincus.

L’été 2006, elle a gagné le cœur de ma mère à la surprise générale, et surtout à la surprise de ma mère. Quand je suis partie vivre à Boston, ce sont à mes parents que je l’ai confiée. D’abord le chat et ma mère ont co-habité. Emu était tolérée, à la condition de ne pas surgir et effrayer ma mère, de ne surtout pas se frotter à elle, et encore moins de lui sauter sur les genoux. Puis ma mère s’est intéressée à la façon dont mon père nourrissait la bête, et enfin elle s’est progressivement mise à nourrir le chat, a coupé sa pâtée en tout petits bouts, sorti et remis la gamelle du/au frigidaire toutes les fois qu’Emu venait picorer. Et un jour mon père m’annonçait fièrement qu’Emu était admise au poste défendu : les genoux de ma mère. À mon retour en mai 2007, j’ai eu toute la peine du monde à récupérer mon chat ;)

En avril dernier, avant nos séjour à Prague et puis Florence, nous avons confié Emu à mon père; le nirvana pour l’un comme pour l’autre. Un humain dévoué corps et âme à la boule de poils, et une compagne affectueuse et attendrissante pour l’humain. Voici un montage photo que mon père a fait alors qu’elle s’était endormie entre ses jambes :

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Voilà, c’est ainsi que je veux m’en souvenir. Endormie dans une position comique, ses pattes croisées, et semblant sourire.

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