Archive | June, 2021

Être parent, numéro spécial : parler de sexualité à son ado

30 Jun

Hier j’en entendu parler d’un documentaire de Julie Talon datant de 2019, intitulé « Préliminaires », qu’ARTE a récemment diffusé. C’est un recueil de témoignages d’ados dont on n’entend que les voix, et de jeunes adultes parlant à visage découvert de leur vécu durant leur propre adolescence, avec la perspective de seulement quelques années mais une lucidité incroyable. Le reportage livre leur perception de la sexualité et ce, dès le début du collège (c’est à dire quand ils ont entre 11 et 14 ans), comment ils y sont confrontés, et comment ils en font l’apprentissage. Le tout sans que nous, parents, le réalisions tout à fait.


Conseil à mon fils

J’ai demandé à mon fils adolescent de presque 14 ans, de prendre 50 minutes pour regarder sérieusement, et en entier, ce documentaire.

https://youtu.be/O7Oc41_OL5g

Je lui ai déjà parlé à quelques occasions de sexualité au cours des trois années passées. Il m’écoute poliment mais semble subir mes monologues même s’ils sont rares, plutôt que se sentir libre d’engager la conversation. Je ne le blâme pas. Hier, donc, je lui ai rappelé qu’il peut parler à moi et à son père, mais je lui ai aussi suggéré de partager le lien de la vidéo avec ses potes et qu’ils en parlent ensemble.

Je me dis que tout ce que j’essaie de lui faire passer comme messages sera peut-être renforcé ou mis en abîme par le biais de ce reportage.

Je lui ai également donné le conseil que j’aurais aimé avoir eu quand j’avais son âge : les premières fois c’est TOUJOURS POURRI. Alors il s’agit de pas se mettre la pression (ha ha, facile à dire avec le recul !), de bien choisir si on le peut, et puisque tout cela se fait le plus loin possible des parents et des adultes, d’éviter de se fourrer dans des situations à problèmes. Maintenant je croise les doigts pour lui qu’il s’en sorte aussi bien que possible et qu’il sache qu’il me trouvera s’il a besoin.


Mon avis, mes notes

J’ai trouvé ce reportage glaçant et émouvant, inquiétant mais rassurant à la fois, parce que ça met en avant que tous les ados sont dans le même bateau, tous désarmés, tous contraints, tous vulnérables.

Voici les notes (qui ne parleront peut-être qu’à moi) que j’ai prises en regardant le documentaire :

  • Notion de devoir, pression sociale
  • « Jouer aux grands »
  • Paradoxe de liberté / libération, mais, que pour les hétéros. « Les prélis, c’est le jeu des hétéros et la douleur des personnes queer »
  • « On peut pas juger une personne sur le physique. On le choisit pas. On naît avec. »
  • Honte, craintes, contraintes, violence, `nudesˋ, chantage, passage à l’acte
  • Codification due au porno auquel ils ont accès facilement et fréquemment. « Je l’ai fait parce qu’il fallait le faire. » « C’est les mecs qui donnent le ‘la’ »
  • C’est compliqué d’en parler, y compris aux parents.
  • Importance reconnue du consentement, mais par égoïsme ou ambiguïté certains « non » sont ignorés (point de vue masculin). Et quand on réalise là où on a mis les pieds, c’est difficile souvent de revenir en arrière (point de vue féminin).
  • « Pour porter plainte il faut être avec un adulte. »
  • « S’il m’avait respectée il aurait arrêté quand j’ai dit non, non non … J’ai accepté parce que j’avais peur. »
  • Les « prélis » ne sont pas considérés comme du « vrai sexe », mais comme du « sexe-moins », « ça engage moins, donc c’est pas très grave. »
  • Et puis cette gamine qui disait en milieu du documentaire, qu’elle avait fait une fellation parce qu’elle croyait qu’il fallait, qu’elle avait détesté et puis qu’elle avait mis deux ans avant d’en refaire tant ça l’avait dégoûtée ☹️

3615 MaVie

Premier baiser pendant l’été entre la dernière année de petite école et l’entrée au collège, lors d’un séjour linguistique en Angleterre. Première relation sexuelle à 17 ans, l’été après le baccalauréat. Et entre les deux : seulement quelques petits copains –pas beaucoup– et zéro jeux sexuels (ce que les ados d’aujourd’hui appellent « prélis ».)

De mon adolescence, celle de son père et des autres adultes de son entourage, je crois qu’on n’a rien à transposer et rien ne pourrait aider vraiment mon fils. Pour ma part je me souviens (pas très clairement) d’un livre illustré que mes parents avaient acheté, façon bande-dessinée mais avec des photos, mettant en scène une famille à différents moments de leur vie. Je me rappelle avoir feuilleté « le déclic » que j’avais trouvé dans les toilettes chez des amis de mes parents et même si je comprenais rien je me souviens très précisément devoir absolument ne PAS en parler (et je m’y suis tenue jusqu’à maintenant :D). Je me souviens vaguement qu’il y avait un film érotique à la télé sur la 5 ou la 6 tard un samedi de temps en temps, mais c’était pas possible pour mon frère et moi d’en voir car la télé était dans la chambre de mes parents. Je me souviens en souriant du matelas de mon frère qui prenait la forme d’une pyramide à mesure qu’il stockait des BDs cochonnes qui ne me fascinaient pas mais dont j’ai consulté quelques exemplaires lorsqu’il n’était pas dans sa chambre. Il n’y avait pas Internet, évidemment, jusqu’à ce que je sois déjà adulte.

Mais je ne me souviens pas d’avoir subi de pression sociale, pas de telle violence dans les attentes ou les codes de l’époque. Je me souviens assez bien qu’on disait de moi dès le collège que j’avais un « super corps mais une vilaine tête » et étonnement ça ne m’a fait ni chaud ni froid. Par contre (ou alors à cause de), je me souviens amèrement qu’à la petite école et en colonies de vacances on disait de mes tâches de rousseur qu’on m’avait « tiré dessus avec un fusil à merde à travers une passoire » (c’est bigrement précis, quand même) et comme on m’avait aussi dit que pour les faire partir il fallait se frotter le visage avec la rosée du matin, j’avais essayé et j’étais triste que ça ne marche pas.

42 days a non-smoker

15 Jun

Today is day 42 of being a non-smoker \o/

I want to celebrate because it’s a big deal for me. I want to at least mark the occasion, leave some breadcrumbs for curious future me, or —who knows?— for curious wannabe-non-smokers!

I think I’ve got this.

… Unlike three years ago, and ten years before that.

I had smoked for 31 years non-stop.

Since it’s a very different journey for everyone I can’t claim that my experience will work for others. But here are some takeaways and the things that made a big impression on me.

Framing your mind

  • Wanting is the first requirement, but may be insufficient (it’s my 3rd try and each attempt was more in earnest every time, in hindsight —i.e., each *seemed* 100% serious, and yet…)
  • Plan intelligently: set yourself up for success (I was fortunate to be able to time this with nearly a full month off work, and since work-induced stress or frustration ARE among my triggers, I chose thus to make the most of that vacation.)
  • Know your triggers and know that there will be a hard few weeks (as little as one, no more than three —the time it takes the nicotine to entirely leave your body—, and it gets better: the difficulty decreases steadily, it does not plateau.)
  • Know that cravings last only a handful of seconds. You can resist them even if they are potent and numerous. (You’ll get a lot of them at first, then less and less, and after 3 or 4 weeks they’re going to be anecdotal.)
  • Because for many people the monetary commitment is a necessary step, purchase something like nicotine gums or patches, or an electronic cigarette with nicotine or no nicotine fluids, or Allen Carr’s “Easy Way to Stop Smoking” (or all of the above!) My friend Amy gave me the latter 13 years ago (more about it further down), I got gums and patches 3 years ago, and lastly I bought a couple electronic cigarettes in February because they were on sale.
  • Do not trust yourself with emergency cigarettes or tobacco nearby “just in case”. Don’t. Really, just don’t. Since you’re choosing to become a non-smoker, choose whether you finish your current supply or dispose of it, turn the page and start anew!
  • Last, but not least—Adopt constructive language and thoughts: you ain’t giving up smoking, you choose to become a non-smoker —you are becoming a new version of yourself (the problem with “giving up” is that at core it is a deprivation, the problem with “stopping” is that it signals negative behaviour, and the problem with “quitting” is the implied notion of failure.)

There is no doubt whatsoever that for the first several days (or weeks) not smoking is a deprivation, and you are the first to know that smoking is negative behaviour, and you will be tempted to fail by giving in. You know all that perfectly well, so it’s beyond the point to further the negativity and all to your credit, and your mental sanity, to think positively: you catch more flies with honey than with vinegar. Let this constructive language and thinking be your honey.

Look at yourself squarely in the eye

For me, it was the realisation during a particularly long trip that eagerly awaiting layovers and thinking “at long last I’ll be free to smoke [albeit in a horribly cramped and smelly place]” was in fact THE OPPOSITE of freedom. It was SLAVERY.

Once I had discovered this, it was a matter of time before I could do the right thing, but there was in no case any forgetting the discovery.

Allen Carr’s “Easy Way to Stop Smoking”

It’s a great book! I have not finished the book, however. I picked it up exactly three times in the 10+ years it’s been in my possession, and could never finish it. The second time, I didn’t even open it. The third time I went further than the first and I dare say I read enough for it to work.

It’s absolutely tedious prose. But the text is very simple and very, very repetitive.

Its purpose is to get you to acknowledge that since you became a smoker you have convinced yourself that you love it and depend on it.

“I think the most pathetic aspect about smoking is that the enjoyment that the smoker gets from cigarette is the pleasure of trying to get back to the state of peace, tranquility, and confidence that his body had before he became hooked in the first place.”

Allen Carr, “The Easy Way to Stop Smoking”

I stopped after the first third which is the important part where I got it into my head that THERE IS NOTHING TO GIVE UP.

I like to think of myself now as a different version of me.

Three years ago I failed because I was dominated by the notion that I would have nothing to replace smoking with. This time I went further in the book and understood that “nothing” is what you replace it with, and this is all the material you need to work with.

Self-hypnosis and other TEDx pep talks may work too!

I relied early in the journey (in the first two weeks) on listening to a 50-minute self-hypnosis recording by Michael Sealey, (bonus points for his charming Australian accent and deep soothing voice) based on some measure of neuro-linguistic programming (at heart it’s programming yourself by visualising what you want, while in a conducive state of relaxation), and a short TEDx talk by Nasia Davos, an eloquent Greek lady that I felt like I knew, after listening to her two or three times, whose main message is: every time you crave the cigarette, substitute “smoking” by “air” or “water”.

I feel confident

Third time is the charm? Maybe. Along the way there have been signs I have “bookmarked” such as the guilt I felt while not being entirely able/willing to stop smoking while pregnant 14 years ago, my former mother in law —a heavy smoker, like me— who succumbed to cancer a few years ago, my son asking me to stop, my parents and brother years before him, etc.

This time has been and felt different from previous attempts. I may simply have been ripe for it. Or picking up exercising 15 months ago set myself up for that particular success.

It’s been over a month and I feel pretty good about it. My family, friends and colleagues have been extremely supportive of me (love y’all!!). I have become slightly more efficient in my exercising; I have even started again to run and I am still not great at it but way better than last year.

I feel confidence that I am a non smoker, at last.

Book: Northanger Abbey (Jane Austen)

12 Jun
Book cover showing the painted portrait of a young woman

I am so impressed that Jane Austen wrote this at 22 years old. It’s her first novel but until it was printed posthumously she had made changes to the manuscript. It’s hard to know what changed (beyond the name of the main character and the title) but it does feel like the whole book is a bit disjointed. It’s hard to say how much to attribute this to the rewriting or to the fact that it is a patchwork of themes and genres. 

It’s a satire, in the form of a parody of gothic novels,  but it’s also a feminist work except that every female is several shades of dim, it’s a love story except that the male protagonist is away most of the time *and* whose love is rather undeclared, it’s a coming of age book both about the main character and apparently for Jane Austen herself. 

Northanger Abbey goes against all common conceptions but always smoothly. All characters are fascinating. It’s very witty —so much of the book is quotable!

But there are a few things that did not work for me in the roles of the entire Tilney family and which remain unexplained despite research and after reading introductions and some reviews from scholars. To name only one, why would the father, a general —or any rich man for that matter— care so much about designing the marriage of only one of his children (and to be that of his second son), and how could he devote so much energy and time to it, remains an utter mystery.

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